Vu dans le parisien de ce jour...
Colombes/
| La première aire d'accueil a ouvert ses portes |
Nomades
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UNE ODEUR de soupe flotte dans le camp de nomades. Les femmes font tourner d'interminables machines à laver tandis que les enfants s'élancent sur les allées fraîchement recouvertes de bitume. Cette nouvelle aire d'accueil des gens du voyage - la première du département des Hauts-de-Seine - aménagée dans la rue des Côtes-d'Auty, au coeur du Petit-Colombes, héberge depuis quelques jours ses premiers pensionnaires.
Quatre-vingts membres de la famille Adelle et leurs vingt-six caravanes viennent de quitter le parc de l'île Marante où ils vivaient depuis près d'une dizaine d'années pour s'installer ici. Les femmes qui s'activent derrière les fourneaux font grise mine. La bruine qui ne cesse de tomber depuis le matin les rend nostalgiques et inquiètes. « Ici, on souffre moins de l'humidité. On a enfin des sanitaires et de l'eau chaude. Mais on se sent moins bien que sur l'île Marante. La nature nous manque. Et une partie de notre famille. Il n'y avait pas de place pour tout le monde », explique Marianne. « Et puis surtout, nous sommes affolés par les nouvelles dépenses auxquelles on doit faire face, renchérit Tamar. Les cartes que nous achetons pour consommer l'eau et l'électricité s'épuisent au bout de quatre à cinq jours. Si ça continue à ce rythme, nous n'arriverons pas à boucler nos fins de mois. »
« C'est le prix d'un loyer en HLM » Avec cette aire, toutes les règles d'hébergement ont changé. Sous l'ancienne municipalité communiste, ces nomades bénéficiaient d'une convention qui les autorisait à stationner pendant les mois d'hiver sur l'île Marante. Avec la nouvelle municipalité, un projet d'aire d'accueil des gens du voyage a été lancé. Critiqué, à la fois par les parents d'élèves de l'école maternelle voisine, une partie des riverains et contesté devant les tribunaux par les élus de l'opposition qui condamnent le choix de l'implantation, ce projet a été mené à terme. Aujourd'hui, cette aire est gérée par l'OPHLM de Colombes. Les règles ont changé. Les familles disposent d'un plus grand confort mais elles doivent désormais faire face à de nouvelles dépenses. « Avant, les charges s'élevaient à 50 par caravane et par mois. Aujourd'hui, il nous en coûtera 300 . C'est le prix d'un loyer dans un HLM. Or nous vivons dehors. Dans ces conditions, nous ne pourrons pas rester ici », explique Louis Adelle. Inquiet, ce représentant des familles a demandé à l'OPHLM chargé d'assurer le suivi social de ces familles de trouver une solution. « Cette nouvelle organisation se met en place en douceur. Nous réglerons au fur et à mesure les problèmes rencontrés », précise-t-on dans l'entourage du maire. Les nomades pourraient bénéficier d'un coup de pouce, notamment de l'aide pour le logement.
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COLOMBES, RUE DES CÔTES-D'AUTY . L'aire flambant neuve réservée aux gens du voyage offre plus de confort, mais la famille Adelle s'inquiète pour les charges qui sont passées de 50 à 300 par mois pour une caravane. (LP/C.H.) |